ACCOMPAGNER

DES PARENTS ORPHELINS

Le décès et le deuil périnatal constituent une réalité préoccupante pour les parents qui traversent cette épreuve. Cette thématique demeure peu connue et mal comprise dans le réseau de la santé et des services sociaux. Différentes ressources telles que le CLSC, le médecin traitant et les services privés de professionnels peuvent apporter l’aide nécessaire aux parents lors de cette difficile épreuve.

Les valeurs des professionnels et leur attitude personnelle devant la mort peuvent influencer leur capacité à intervenir auprès des parents qui font face au décès de leur bébé. La manière dont ils répondent aux parents ou les accompagnent durant cette période peut ainsi faciliter la façon dont ces derniers traversent leur deuil et se souviennent de leur expérience.

Protocole d’intervention

Selon l’Institut national de santé publique du Québec, il n’existe pas dans la province de protocoles d’intervention bien établis sur le deuil périnatal. L’offre de services est inégale entre les régions et les pratiques sont diversifiées. Les types d’intervention incluent celles qui visent à reconnaître l’existence du bébé décédé (p. ex. : en encourageant le contact physique avec celui-ci, en recueillant des souvenirs, en organisant un rituel funéraire, etc.) ainsi que les interventions de soutien psychologique (p. ex. : relance téléphonique, visites à domicile, suivi individuel, groupes d’entraide).

À l’heure actuelle, les preuves scientifiques sont insuffisantes pour statuer sur l’efficacité des différents types d’interventions liées au deuil périnatal. Par conséquent, étant donné l’état actuel des connaissances, l’application rigide d’un protocole d’intervention n’est pas encouragée.

Pour beaucoup de familles, le fait de se faire offrir un choix et de décider elles-mêmes des services qu’elles désirent est essentiel, car cela leur permet de retrouver une part de contrôle sur les événements. Il est donc suggéré aux professionnels de leur offrir des choix éclairés, de les soutenir dans leurs décisions et d’éviter d’exercer de la pression sur elles pour qu’elles suivent une intervention particulière.

Comment interagir avec les parents

  1. Reconnaître la perte. Les parents estiment qu’un des aspects les plus importants pour eux est que les professionnels reconnaissent leur perte, et ce, peu importe l’âge ou l’âge gestationnel du bébé décédé.
  2. Employer un langage qui reconnaît l’existence du bébé. Plusieurs professionnels considèrent une fausse couche comme une situation médicale non menaçante pour la santé et utilisent des termes tels que « produit de conception » ou « embryon », qui peuvent déshumaniser le bébé aux yeux des parents. Par conséquent, il faut porter attention aux mots utilisés par les parents pour parler de leur bébé et employer ces mêmes termes dans les échanges avec ceux-ci.
  3. Respecter les pratiques culturelles ou spirituelles des familles. Il est important que les professionnels se montrent sensibles aux pratiques culturelles ou spirituelles des familles pour éviter de mal interpréter une réaction qui serait considérée comme normale dans un contexte culturel particulier.
  4. Faire preuve d’écoute, de disponibilité et d’attention. Les parents aiment que les professionnels prennent le temps de les écouter ou d’être tout simplement présents avec eux. Ils aiment qu’on leur permette de pleurer et qu’on accepte ce qu’ils ont à dire sans jugement et avec compassion.
  5. Soutenir les parents dans l’annonce du décès à l’entourage. Le professionnel peut les aider à décider de la façon dont ils vont annoncer le décès du bébé aux proches et les soutenir pour faire face aux réactions de l’entourage.
  6. Fournir de l’information. Les parents souhaitent que les professionnels de la santé et des services sociaux prennent le temps de s’asseoir avec eux pour leur communiquer divers renseignements (causes du décès, effets physiques de la période postnatale, ressources en deuil périnatal, congés parentaux, etc.). Ces professionnels peuvent être appelés à répéter la même information à plusieurs reprises, car les parents peuvent avoir de la difficulté à comprendre et à retenir les renseignements en raison de leur état émotionnel.
  7. Coordonner les services de soins postnataux, de manière à ce qu’ils soient cohérents avec la situation de la famille (p. ex. : éviter que les parents reçoivent un appel téléphonique pour le suivi de santé du bébé, alors que celui-ci est décédé).

Adapté de la fiche d’information sur le deuil périnatal de l’INSPQ

Perfectionnement en deuil périnatal

Formations sur le deuil périnatal pour les professionnels

  • Hôpital Pierre-Boucher, Longueuil — Tél. : 450 449-9238
  • CSSS de Vaudreuil-Soulanges, Vaudreuil-Dorion — Tél. : 450 455-6171
  • Centre d’études et de recherche en intervention familiale,
    Université du Québec en Outaouais — Tél. : 819 595-3900, poste 2350

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