Comment aider un proche: conseils de parents orphelins

Respectez le deuil des parents


Puisqu'il existe autant de façon de vivre un deuil qu'il y a d'individus endeuillés, il n'est d'aucun doute que les parents ne vivront pas nécessairement les mêmes émotions en même temps, ni avec la même force (deMontigny & Beaudet, 1997). Afin de vivre leur peine, certains parents chercheront à s'isoler au début du deuil. D'autres auront davantage besoin de parler de l'enfant
décédé afin de réaffirmer que celui-ci a réellement existé, tandis que certains chercheront davantage à comprendre et à expliquer la mort de l'enfant. La longueur du deuil des parents est extrêmement variable puisque plusieurs facteurs peuvent influencer le processus, celui-ci peut durer de quelques semaines à plus d'un an. Même si parfois les réactions de deuil ressembleront à des montagnes russes, chacun vit ce deuil à son rythme. Après quelques mois, même si la tristesse remonte par moments, les parents devraient avoir l'impression d'être en mouvement (Verdon & deMontigny, 2011). Si la souffrance est toujours aussi douloureuse, la colère toujours aussi intense ou que certains aspects du fonctionnement quotidien ne sont pas retrouvés, les parents devraient avoir recours à de l'aide professionnelle afin d'obtenir le soutien nécessaire.

Ne cherchez pas les mots magiques


Il est parfois difficile pour l'entourage de comprendre ce que ressentent les parents lorsqu'ils perdent leur enfant. La plupart du temps, les gens se sentent démunis devant la douleur des parents et impuissants devant la colère et l'incompréhension que la mort de l'enfant suscite (Bachand et Labrie, 2011). Bien que l'un des premiers réflexes soit de vouloir réconforter et d'aider le couple endeuillé (Bachand et Labrie, 2011), il est important de garder en tête que le deuil varie d'une personne à l'autre. Il importe donc de respecter le rythme de chacun et d'éviter des conseils comme «Cesse de pleurer» ou «Tu devrais passer à autre chose» puisque ceux-ci s'avèrent inappropriés et n'aident pas le parent. Bien peu de gens sont à l'aise face au deuil des
parents vivant un décès périnatal et c'est bien normal parce que souvent, il n'y a tout simplement rien à dire. Il n'est pas nécessaire de trouver les mots magiques. Parfois, il suffit de laisser parler son coeur puisque les sentiments se reflètent également sur le visage et s'entendent dans la voix. Les clichés vides de sens comme : «Vous êtes jeunes, vous en aurez d'autres», «Ce serait bien pire si tu l'avais connu», ou encore «C'est mieux que ça arrive plus tôt que plus tard», sont à
éviter. Ces paroles peuvent blesser les parents puisqu'elles minimisent l'ampleur de la perte et sous-entendent que la courte vie de l'enfant n'est pas importante.

Offrez de l'aide concrète


Un message de sympathie est toujours approprié et réconfortant pour les parents. Parfois les mots échouent et sont inutiles lors d'un décès. Une poignée de main ou une accolade peuvent également servir à communiquer des sentiments. Il ne faut pas avoir peur du chagrin des parents. S'ils pleurent, c'est qu'on leur a permis de pleurer et ces larmes aideront leur coeur à guérir. Certains parents en deuil ne souhaitent peut-être pas parler autant qu'avant, mais rien n'empêche l'entourage de rester tout près ou de leur ouvrir une porte en leur disant qu'ils sont disponibles pour les écouter s'ils le désirent. Il est également possible d'utiliser d'autres moyens plus créatifs pour offrir un soutien. On entend souvent : «Laissez-moi savoir si je peux faire quelque chose». Les parents accepteront difficilement cette aide car ils penseront que celle-ci est offerte par politesse et non par véritable désir d'aider. Les parents en deuil n'ont souvent pas l'énergie d'accomplir les tâches de la vie quotidienne. Leur apporter un repas, faire le ménage, tondre le gazon ou déblayer l'entrée suite à une tempête de neige, peuvent réellement leur
donner un coup de main. Des suggestions d'aide concrètes telles que : «Souhaitez-vous que je promène votre chien durant un certain temps ?», «Je suis présentement à l'épicerie, dites-moi ce dont vous avez besoin et je pourrais vous laisser un sac de provisions à mon retour», «J'ai fait de la sauce à spaghetti et des muffins, ça vous va si je vais vous en porter ?», peuvent également être offertes. Les écouter, être disponible, accueillir leur peine et respecter leur rythme de deuil sont de réelles façons d'apporter ce soutien espéré.


* Les conseils de parents orphelins sont tirés du guide à l'intention des médias:

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Dernière mise à jour: 22 mars 2012