Je te comprends

Je te comprends

Je te comprends

Combien de fois on a entendu ces mots?  Trop souvent pour les compter. Chaque fois qu’on jase de maternité, de bébé, que le deuil périnatal arrive sur le tapis, qu’on ose parler de cette partie si intime de notre vie, il y a toujours quelqu’un qui connaît une cousine ou la sœur d’une voisine qui a vécu, semble-t-il, quelque chose de similaire.  

 

Parfois, ça fait remonter des souvenirs et quelqu’un raconte sa propre histoire, sa grossesse qui s’est arrêtée trop tôt, la peine qu’elle a eu.

 

Ça fait mal. Ça fait mal parce qu’on a l’impression que ces gens, remplis de compassion, minimisent ce qu’on vit, les émotions qui nous envahissent, en nous remettant sous le nez que ça arrive plus souvent qu’on le pense.  

 

Ça fait mal, parce qu’à nos yeux, notre bébé est unique, une  histoire sans précédent. Son histoire est la seule qui compte à nos yeux, du moins pour l’instant.  

 

Ça fait mal parce que même au sein du couple, alors qu’on a perdu le même bébé, dans les mêmes circonstances, on n’arrive pas à se comprendre. Comment quelqu’un venu de nulle part pourrait connaître la profondeur de la peine qu’on cache au fond de notre cœur?  

 

On aurait parfois envie de leur crier que les deuils ne se comparent pas entre eux.

On aurait souvent envie de leur dire qu’ils peuvent sans doute avoir une idée, mais qu’en aucun cas, ils ne peuvent comprendre comment on se sent.

 

Mais on se tait, on écoute, parce qu’on sait bien que ce n’est que de la maladresse. Mais une petite larme coule sans qu’on ne puisse la retenir tellement la souffrance est présente.

 

Puis un jour, on rencontre quelqu’un qui nous permet de parler de cette peine si grande. Quelqu’un qui tend l’oreille et l’épaule si bien qu’on laisse couler tout ce qui se cache au fond de notre coeur. Quelqu’un qui n’a d’autres mots que « je ne peux pas comprendre ce que tu vis mais je me doute à quel point ce doit être difficile ». Quelqu’un qui nous fait un bien immense et dont nous avions tant besoin…

 

Véronique et son homme sont parents de 5 enfants dont un couple de jumeaux : un garçon plein de vie et une fille qui a mis ses ailes à la 24e semaine de grossesse.
Écrivaine refoulée, blogueuse dans l’âme sur Mes Billets Doux, c’est avec grand plaisir qu’elle partage ici ses écrits sur le deuil périnatal.
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