SOUTENIR UN PARENT ENDEUILLÉ

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Chaque jour au Québec, des parents perdent un enfant en cours de grossesse ou peu après sa naissance. Sachez que perdre un bébé est l’un des deuils les plus difficiles à vivre et que cette réalité est loin d’être connue ou est souvent incomprise.

Vous cherchez des suggestions de marque de soutien ? Voici trois conseils :

Respectez le deuil des parents

Puisqu’il existe autant de façons de vivre un deuil qu’il y a d’individus endeuillés, il est évident que tous les parents ne vivent pas nécessairement les mêmes émotions en même temps ni avec la même intensité. Afin de vivre leur peine, certains parents cherchent à s’isoler au début du deuil. D’autres ont davantage besoin de parler de l’enfant décédé afin de réaffirmer que celui-ci a réellement existé. Certains cherchent à comprendre et à expliquer la mort de l’enfant.

La longueur du deuil des parents est extrêmement variable puisque plusieurs facteurs peuvent influencer le processus. Celui-ci peut durer de quelques semaines à plus d’un an. N’oubliez pas que même après quelques mois, il est normal que la tristesse remonte par moments. Cela signifie justement que les parents sont en mouvement et qu’ils cheminent dans leur deuil.

Ne cherchez pas les mots magiques

Il est parfois difficile pour l’entourage de comprendre ce que ressentent les parents lorsqu’ils perdent leur enfant. La plupart du temps, les proches se sentent démunis devant la douleur des parents et impuissants devant la colère et l’incompréhension que la mort de l’enfant suscite. Bien que l’un des premiers réflexes soit de vouloir réconforter et aider le couple endeuillé, il est important de garder en tête que le deuil varie d’une personne à l’autre.

Il faut éviter les conseils comme « Cesse de pleurer » ou « Tu devrais passer à autre chose » puisque ceux-ci s’avèrent inappropriés et n’aident pas le parent. Il n’est pas nécessaire de trouver des mots magiques. Parfois, il suffit de laisser parler son cœur et d’être à l’écoute de la peine de l’autre, sans jugement.

Offrez de l’aide concrète

Un message de sympathie est toujours approprié et réconfortant pour les parents. Parfois, les mots échouent et sont inutiles lors d’un décès. Une poignée de main ou une accolade peuvent également servir à communiquer des sentiments. Il ne faut pas avoir peur du chagrin des parents. S’ils pleurent, c’est qu’ils se sentent en confiance en notre présence et ces larmes aideront leur cœur à guérir. Certains parents en deuil ne souhaitent peut-être pas parler autant qu’avant, mais rien n’empêche l’entourage de rester tout près ou de leur ouvrir une porte en leur disant qu’ils sont disponibles pour les écouter s’ils le désirent. Il est également possible d’utiliser d’autres moyens plus créatifs pour offrir un soutien. On entend souvent : « Faites-moi savoir si je peux faire quelque chose ». Les parents accepteront difficilement cette aide, car ils penseront que celle-ci est offerte par politesse et non par véritable désir d’aider.

Les parents en deuil n’ont souvent pas l’énergie d’accomplir les tâches de la vie quotidienne. Leur apporter un repas, faire le ménage, tondre le gazon ou déblayer l’entrée après une tempête de neige peut réellement leur donner un coup de main. Des suggestions d’aide concrètes telles que : « Souhaitez-vous que je promène votre chien durant un certain temps ? », « Je suis présentement à l’épicerie, dites-moi ce dont vous avez besoin et je pourrais vous laisser un sac de provisions à mon retour », « J’ai fait de la sauce à spaghetti et des muffins, ça vous va si je vais vous en porter ? », peuvent également être offertes.

Les écouter, être disponible, accueillir leur peine et respecter leur rythme de deuil sont de réelles façons d’apporter ce soutien espéré.

Apprenez-en plus sur le deuil périnatal ici.

Vous pouvez aussi consulter notre page de campagne sur Facebook pour d’autres suggestions de gestes qui ont fait du bien à des parents endeuillés.

Enfin, n’hésitez pas à référer notre association, à parler des activités et de nos réseaux sociaux Facebook, Twitter, Instagram ou tout simplement en fournissant nos coordonnées. Ainsi, vous permettrez à un parent orphelin de nous trouver et d’avoir accès à une foule d’information et à un réseau d’entraide.

Les gestes et les paroles qu’il vaut mieux éviter

Les premiers mois du deuil, les parents ressentent souvent le besoin d’en parler et cela les aide à se faire à l’idée qu’ils ne verront jamais grandir cet enfant. Les parents endeuillés vivent et expriment des émotions comme la colère et la tristesse que la société réprouve en général. Ces émotions sont pourtant naturelles et normales. Avec le temps, les pleurs des parents s’espaceront et ils se sentiront mieux, même s’ils n’oublieront jamais leur enfant. Il est normal que le deuil de ce bébé soit long et éprouvant.

Ce qu’ils partagent ou expriment durant le processus peut susciter un malaise chez les autres. Il convient de prendre conscience de ce malaise et de l’accepter. Les quelques minutes de malaise que l’on peut éprouver n’ont rien de comparable à ce que ces parents vivent et ressentent, mais peuvent aider grandement les parents en deuil à se sentir soutenus ou écoutés.

Il ne faut pas avoir peur d’entendre l’histoire de ce bébé ou de l’événement. Quelles que soient les circonstances qui ont provoqué le décès du bébé, il ne sert à rien de chercher des explications ou des raisons à sa mort. Parfois, les bébés meurent sans qu’on sache exactement ce qui s’est passé et vouloir trouver une raison minimise l’ampleur de la peine des parents. Une phrase comme « Il n’y a jamais rien qui arrive pour rien » est inutile, car il n’y a rien qui peut justifier la mort de leur bébé. Les clichés vides de sens comme : « Vous êtes jeunes, vous en aurez d’autres », « Ce serait bien pire si tu l’avais connu », ou encore « C’est mieux que ça arrive plus tôt que plus tard » sont à éviter pour les mêmes raisons.

En tant que parent endeuillé, il est souvent blessant de recevoir des conseils ou des commentaires sur ce qu’on aurait pu faire ou dû faire durant la grossesse ou avant que le bébé ne meure, sur comment on devrait se sentir ou sur ce qu’on devrait faire maintenant pour se sentir mieux. Écouter est plus aidant, surtout quand l’écoute est faite sans jugement.

Les phrases comme « À votre place, je ne sais pas comment j’aurais fait » ou « Je ne pourrai pas survivre à la mort de mon enfant » peuvent sous-entendre que les parents n’ont en apparence pas assez de peine aux yeux des autres. Ils vivent une chose très difficile qui peut ne pas être perceptible tout le temps et en toute circonstance, surtout s’ils ne démontrent aucun signe de tristesse en public. Le fait qu’ils puissent vivre leur chagrin à l’abri des regards ou dans leur intimité ne signifie pas qu’ils n’éprouvent rien et ils ne sont pas plus « courageux » que d’autres. Ils vivent quelque chose de douloureux et de difficile et ils n’ont pas d’autre choix que d’y faire face.

Voir des bébés ou être en contact avec des femmes enceintes peut être très difficile pour les parents endeuillés durant les premiers mois. Et cela est bien normal, cela les confronte à ce qu’ils ont perdu. Il convient de respecter leur cheminement individuel et de les prévenir lorsqu’on les convie à un événement dans lequel ils risquent d’être en contact avec des femmes enceintes ou des bébés. Ils seront à même de décider s’ils souhaitent assister à l’événement ou pas et de se préparer à affronter ce qu’ils perçoivent comme une situation difficile. L’important est qu’ils sentent qu’on leur laisse le loisir de choisir ce qui leur convient le mieux.

Il se peut que les parents attendent un nouveau bébé après un certain temps. Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils ont fait leur deuil du bébé décédé ou qu’ils sont passés à autre chose. Ce bébé perdu restera toujours leur enfant et ils éprouveront certainement de la peine même après la naissance d’un nouvel enfant.

Vous cherchez des suggestions de manifestations de soutien ou vous ne savez pas quoi faire pour soutenir un ami ou un proche? Vous vous inquiétez pour lui ? Prenez contact avec nous, nous pouvons vous suggérer des marques de soutien appropriées et vous conseiller.

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